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La sécurité dans le métro de Toronto : une priorité
par Pauline Cyr
En 1997, un homme a poussé une femme sur les rails juste avant l'arrivée d'un wagon: elle a été écrasée sous les roues. Cet événement a fait la une de tous les journaux, ce qui a incité des délinquants à tenter la même expérience par la suite, sans succès fort heureusement. Les employés et les passagers ressentent une certaine inquiétude dans le métro, car chaque jour ils y rencontrent des délinquants, sans-abri et autres désespérés dont les gestes peuvent être imprévisibles. En cas de problème, les issues sont rares dans ces couloirs souterrains... Au moment même de notre entrevue avec la Commission des transports de Toronto (CTT), le 14 juillet, un drame se déroulait : les agents de sécurité étaient à la poursuite de l'homme qui venait de tirer sur un policier sur l'autoroute 401 et qui aurait pu s'enfuir dans le métro. (Un suspect a été arrêté, puis relâché.) Uniforme intimidant Rassurons-nous, la plupart des offenses sont plutôt bénignes (usage de la cigarette, flânage, marche sur les rails). Malgré tout, il vaut mieux rester sur ses gardes, car les pickpockets sont à l'affût, et des attouchements sexuels furtifs peuvent survenir dans la foule compacte. Les collecteurs du métro (tout comme les conducteurs d'autobus) sont aussi exposés à des querelles à propos du tarif. La CTT a engagé récemment 11 nouveaux agents de sécurité, ce qui porte le total à 67. « Cela permettra d'assurer une présence visible presque constante, surtout dans les stations où le taux de criminalité est élevé, » indique Louise Bercier, constable franco-phone à la CTT. Mieux, les agents de sécurité de la CTT ont depuis quelques jours un nouvel uniforme qui ressemble à s'y méprendre à celui d'un agent de police: gilet pare-balles, radio émetteur, matraque, etc. On se sent coupable rien qu'à les regarder! « Auparavant, nous portions seulement une veste avec le logo du CTT, avec des jeans la plupart du temps, ce qui n'inspirait pas beaucoup de respect, » indique Mme Bercier. Pouvoirs de police Les onze nouveaux arrivés ont été soigneusement sélectionnés à partir d'une liste de 1800 candidatures. Chacun d'eux a été soumis à une série de tests rigoureux portant sur la connaissance de la loi et l'aptitude à la communication interpersonnelle. On requiert d'eux une excellente condition physique. Ils ont également passé avec succès un test psychologique et suivi une formation pendant dix semaines. « Les nouveaux seront accompagnés d'un entraîneur dans leurs fonctions pendant les prochains six mois, » indique Mike Walker, chef de la Sécurité à la CTT. Depuis deux ans, les agents de sécurité du métro ont été désignés constables spéciaux par la police de l'Ontario, ce qui leur donne l'autorisation d'arrêter un suspect, de l'interroger, le transporter, le garder en détention et de saisir une arme ou toute autre pièce incriminante, y compris la carte mensuelle de la CTT. Pour arriver à contrôler un malfaiteur, ils peuvent avoir recours à leur matraque ou au poivre de cayenne. Contrairement à celui des policiers, le poivre n'est pas sous forme de vaporisateur mais plutôt de mousse. « Le métro étant un lieu fermé, la vaporisation pourraient affecter de nombreux passagers, alors que la mousse n'atteint que la personne qui la reçoit, »explique Bernard Hachey, lui aussi agent francophone à la CTT.
Toronto étant une ville, somme toute assez sécuritaire, il n'y a, sur les 65 stations de métro, qu'une vingtaine où l'on accentue la surveillance de la criminalité. Les huit stations les plus à risque sont Warden et Victoria Park dans l'est, Finch au nord, Kipling, Islington et Dundas West dans la région ouest, et St-Georges et Dundas au centre-ville. La station Kennedy était de loin la plus dangereuse il y a quelques mois, envahie par les bandes de jeunes en mal de sensations fortes. La CTT a eu la brillante idée d'y faire jouer de la musique classique! Résultat: le taux de criminalité a baissé de façon prodigieuse et les jeunes ont établi ailleurs leurs quartiers généraux ! « Cette expérience a permis un tel succès que nous avons l'intention de l'étendre à d'autres stations, » explique Linda Fice, de la Commission des transports de Toronto. |
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