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Ce qu'il faut savoir sur
L'OSTÉOPOROSE
Dr. Robert M. MacMillan, M.D.

L'ostéoporose est un état de santé des plus répandus et en progression qui touche les personnes de plus de 50 ans, particulièrement les femmes. Au Canada, on estime qu'une femme sur quatre et un homme sur huit souffrent d'ostéoporose.

L'ostéoporose est une maladie des os qui se caractérise par un amincissement des os, une perte de force liée à une perte de densité minérale et une détérioration de la qualité osseuse. On ne connaît pas toutes les origines de cette maladie, mais on sait que certains facteurs y contribuent. On peut prévenir l'apparition de l'ostéoporose ou bien l'atténuer en suivant certaines mesures, notamment en prenant suffisamment de vitamine D et de calcium, en menant une vie saine sans tabac ni excès d'alcool, en faisant de l'haltérophilie et en suivant un traitement médicamenteux, selon le cas.

Le risque le plus important attaché à l'ostéoporose est la fracture d'une vertèbre ou de la hanche. La fracture d'une vertèbre ou une fracture par tassement de l'épine dorsale non seulement est douloureuse et force à l'immobilité, mais entraîne des changements corporels à vie notamment une perte en taille, une courbure des épaules et du dos et une pondération du tour de hanches. On connaît bien les conséquences dévastatrices d'une fracture de la hanche.

Cinquante pour cent des femmes seront incapables de fonctionner au quotidien sans constante assistance et une femme sur cinq aura besoin de soins de longue durée.
La bonne nouvelle est que les médecins prennent cet état de santé plus au sérieux désormais. Ils se penchent sur le développement de l'ostéoporose à son stade précoce et ils ont lancé des mesures palliatives qui visent à éviter ou arrêter la progression de la détérioration de l'état du patient. Des tests de diagnostic et des traitements plus récents ont fait de l'ostéoporose une maladie que l'on peut prévenir. Les hommes et les femmes de plus de 50 ans doivent désormais subir une évaluation des facteurs de risque liés à l'ostéoporose, notamment : une alimentation pauvre en calcium, une faible masse corporelle, une vie sédentaire, un précédent de fracture, certains traitements médicamenteux et l'hérédité de l'ostéoporose. On recommande désormais que quiconque ayant été identifié à risque ainsi que les femmes de plus de 65 ans subissent un test élémentaire de teneur minérale de l'os (ostéodensitométrie) afin d'établir un diagnostic et un risque éventuel de fractures. Ce test est sans danger, non invasif et couvert par la plupart des régimes de santé provinciaux. Une mesure basse est la preuve d'une faible masse osseuse, ce qui exigera un traitement particulier, outre le respect des mesures générales de prévention de la maladie.

On estime que notre prise moyenne alimentaire de calcium et de vitamine D correspond à un tiers du montant journalier recommandé. Aux femmes de plus de 50 ans ne suivant pas de traitement hormonal substitutif, on recommande 1 500 mg par jour, de même qu'aux hommes de plus de 50 ans. La prise journalière recommandée de vitamine D est de 800 UI pour les deux sexes, âgés de plus de 50 ans. Selon le cas, on prendra au quotidien un comprimé combiné de l'ordre de 1 000 mg de calcium et de 600 UI de vitamine D.

Le sport semble pouvoir réduire les fractures de la hanche et de l'épine dorsale, chez les hommes et les femmes. La marche soutenue, la randonnée, la danse, la montée des escaliers, le jogging modéré, le tennis et les sports similaires réduisent la perte osseuse et le risque de fracture.

Le tabac et l'excès d'alcool accentuent la perte osseuse, outre les autres risques qui leur sont associés.

La prise de médicaments s'est désormais généralisée dans le traitement de l'ostéoporose confirmée par ostéodensitométrie. La couverture de ces médicaments reconnus varie selon les régimes de santé provinciaux. En Ontario, l'un des médicaments originaux, Didronel est couvert par l'assurance-médicaments, mais les plus récents ne sont pas couverts exceptés dans des circonstances très restreintes, bien qu'ils soient considérés plus efficaces et même plus faciles à prendre dans certains cas.

Les trois premiers appartiennent à la même famille pharmaceutique et empêchent la résorption osseuse. Si ces trois médicaments augmentent la densité osseuse, Fosamax et Actonel agissent mieux pour ce qui est de la réduction des risques de fracture de la hanche.

Evista est efficace. Similaire à l'oestrogène, il ralentit la perte osseuse. Il est également efficace pour ce qui est des fractures vertébrales, sans toutefois avoir fait preuve d'efficacité dans le cas d'autres fractures. La prise de ce médicament s'accompagne de règles moins strictes que les trois premiers et pourrait agir positivement sur le niveau de LDL, le « mauvais » cholestérol.

Bien que les traitements hormonaux substitutifs soient connus pour leur relative efficacité dans la prévention de l'ostéoporose chez les femmes, des enquêtes récentes suggéraient que ce type de traitement entraînait d'autres risques de santé en contrepartie, surtout après cinq ans de ce traitement suite à la ménopause.

De nouveaux traitements font leur apparition à mesure que la recherche avance. Un nouveau traitement, la vertébroplastie percutanée, consiste à injecter un ciment liquide spécial dans les parties vertébrales fracturées et les trous de la colonne vertébrale causés par l'ostéoporose. La vertébroplastie percutanée s'est avérée très efficace chez certains patients sur qui les traitements conventionnels n'avaient eu aucune prise.

L'ostéoporose ne doit plus être considérée comme un signe inéluctable du vieillissement. Qu'il s'agisse du personnel soignant ou du public, leur méconnaissance des mesures préventives de la maladie entraîne d'importantes répercussions. Il faut détecter à un stade précoce les personnes à risque et mettre en avant les traitements et les tests de la maladie afin d'avoir une incidence sur l'avenir de certaines personnes. Ceux qui souffrent d'ostéoporose doivent se tenir informés sur la maladie et suivre les conseils des spécialistes, outre un traitement recommandé, afin de réduire le risque de fractures, qui se produisent à la maison dans leur grande majorité.

Selon les estimations traditionnelles, une femme blanche de 50 ans court 40 pour cent de risque de fracture de la hanche, des vertèbres ou du poignet pour le reste de sa vie. Ce risque est trop élevé pour qu'on l'ignore. Afin de le minimiser, suivez les recommandations traditionnelles qui sont faites en matière de régime alimentaire et de mode de vie. Si le test de votre densité minérale osseuse confirme que vous souffrez d'ostéoporose, une prise de médicaments réduira davantage votre risque de fracture et de difformité.

Les « Snowbirds » qui ne sont pas confinés à l'intérieur durant l'hiver ont plus de chances de pouvoir respecter ces directives.

Enfin, n'oubliez pas l'Internet. Que vous soyez versé en informatique et capable de faire des recherches sur le Web ou qu'un ami puisse le faire pour vous et imprimer des documents, l'Internet recèle une mine de renseignements récents sur l'ostéoporose, entre autres maladies.

Le traitement

  • un régime alimentaire riche en calcium et vitamine D;
  • une vie active et des exercices d'haltérophilie;
  • pas de tabac et pas d'excès d'alcool; et
  • un traitement médicamenteux, si besoin.

Parmi les médicaments les plus répandus, on retiendra :

  • Etidronate (Didronel);
  • Alendronate (Fosamax);
  • Risedronate (Actonel);
  • Raloxifene (Evista).

Aux É.-U., la National Osteoporosis Foundation recommande de suivre ces directives afin d'éviter les fractures osseuses. Passez en revue la liste suivante et voyez si vos domiciles estivaux et hivernaux s'y conforment.

  • Porter des souliers solides, à talons bas et à semelle souple; éviter les chaussons et les sandales ouvertes.
  • Demander à son médecin si certains médicaments sont susceptibles d'engendrer des étourdissements ou une perte d'équilibre. Si tel est le cas, demander comment minimiser ces effets secondaires.
  • Éviter le désordre dans la maison.
  • Fixer solidement les tapis au sol; éviter les petits tapis sur lesquels il est facile de tomber et de glisser.
  • Ôter tous les fils et les cordons électriques lâches sur lesquels on peut buter.
  • Veiller à équiper les escaliers de mains courantes solidement fixées.
  • Veiller à ce que le hall, les escaliers et l'entrée soient bien éclairés.
  • Installer des veilleuses dans la chambre et la salle de bains.
  • Dans la salle de bains, poser des barres d'appui et des adhésifs anti-dérapants dans la douche ou la baignoire.
  • Dans la cuisine, placer des tapis en caoutchouc anti-dérapants près de l'évier et de la gazinière.
  • Éviter d'employer une cire glissante; faire attention aux planchers mouillés; nettoyer immédiatement ce qui a été renversé.
  • Au volant, porter la ceinture de sécurité et bien régler le siège.

Le Dr MacMillan offre présentement ses services de conseil auprès du groupe de sociétés Medipac International. Ancien médecin de famille, il a occupé les fonctions de sous-ministre adjoint à la Santé, en Ontario, où il était chargé des projets liés à la santé publique et de la promotion de la santé, ainsi que les postes de directeur administratif pour RAMO et de conseiller en chef auprès de plusieurs compagnies d'assurance-voyage médicale.


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