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| Le 15 septembre 2004, le premier ministre Paul Martin et les premiers ministres des provinces ont annoncé l'établissement d'un plan d'action de 10 ans sur la santé. Afin d'accélérer et d'élargir le renouvellement et la réforme des soins de santé, le gouvernement du Canada s'est engagé à renforcer le Transfert canadien en matière de santé (TCS) et a annoncé l'injection de 41 milliards de dollars de fonds fédéraux au soutien de l'assurance-maladie dans les provinces et territoires. Le nouveau niveau du TCS traduit l'engagement d'approfondir les progrès réalisés dans les services de soins à domicile et la couverture des coûts de type catastrophique des médicaments. L'investissement dans le Fonds de réduction des temps d'attente permettra de surveiller et de mettre en oeuvre des stratégies visant à réduire les longues attentes que nous sommes nombreux à avoir expérimentées dans les hôpitaux et les cliniques au Canada.
À la suite de l'annonce, des voix se sont élevées pour critiquer l'absence d'orientations sur la privatisation ou les services à deux vitesses, et le manque de fonds ciblés ou de mécanismes d'application. Néanmoins, les fonds fédéraux ont été bien accueillis par les provinces et les territoires, dont la prestation des soins de santé a été mise à dure épreuve en raison de l'érosion graduelle du financement fédéral depuis l'entrée en vigueur de la Loi canadienne sur la santé. Il y a quelques années encore, les prévisions des dépenses fédérales dans les soins de santé estimaient le financement à un pourcentage aussi bas que 16 %. Le rapport de la Commission sur l'avenir des soins de santé au Canada, désigné aussi sous le nom de rapport Romanow, avait recommandé une augmentation à 25 % pour combler l'écart appelé en anglais le Romanow gap. Dans son communiqué sur le plan d'action, le Bureau du Conseil privé a reconnu l'écart identifié dans le rapport Romanow et adopté des mesures à cet égard, ce qui constitue un rare constat d'erreur de jugement de la part d'un gouvernement qui n'a pas respecté l'esprit du financement à parts égales établi depuis longtemps dans la Loi canadienne sur la santé. Les premiers ministres ont même convenu d'un plan d'action fondé sur les principes suivants : universalité, accessibilité, transférabilité, intégralité et gestion publique, qui sont les cinq principes fondateurs de la Loi canadiennes sur la santé. C'était exactement la réponse que recherchait l'ACS dans la correspondance et les messages de félicitations qu'elle a fait parvenir en 2004 au premier ministre du Canada et aux ministres de la santé et ministres influents des provinces. Rappelant le principe fondamental de la transférabilité, nos lettres avant les élections fédérales, nos lettres de félicitations aux nouveaux députés du Parlement et nos lettres aux premiers ministres avant la réunion du Conseil de la fédération à Niagara-on-the-Lake faisaient état de nos préoccupations et pressaient nos politiciens de prendre position à l'égard de la Loi canadienne sur la santé. Le plan d'action a réaffirmé leur attachement à la Loi. L'ACS a rappelé cet engagement aux ministres provinciaux cet automne. L'ACS a rencontré des représentants de trois des quatre provinces de l'Ouest. Seule la Saskatchewan n'a pas répondu à notre demande et nous avons fait part de notre déception au gouvernement de cette province, berceau de l'assurance-maladie, par des lettres et par les médias. Nous sommes confiants que des représentants de la Saskatchewan nous rencontreront en 2005. Les représentants de la Colombie- Britannique, de l'Alberta et du Manitoba ont réservé un accueil chaleureux à l'ACS. Pour en savoir plus sur le contenu de ces rencontres fructueuses, je vous invite à lire le Rapport du président. Même si des progrès ont été réalisés auprès de chaque gouvernement, notre principale préoccupation demeure le caractère inadéquat de nombreux tarifs de remboursement provinciaux. À l'ouest de l'Ontario, les tarifs de remboursement quotidien des dépenses pour soins médicaux d'urgences à l'étranger sont les plus bas au Canada et, sur une échelle descendante, plus on s'éloigne vers l'ouest du pays, pire est la situation. Au Manitoba, le tarif dépend du nombre de lits de l'hôpital où une personne est admise, et le remboursement moyen s'établit à 360 $. La Saskatchewan et l'Alberta, province riche en pétrole, ne remboursent que 100 $ aux personnes hospitalisées d'urgence à l'étranger. Quant à la Colombie-Britannique, son tarif de remboursement est le plus faible au Canada, soit 75 $. L'avenir est à l'Ouest? Pas vraiment. Comme vous le lirez dans le Rapport du président, l'ACS a soulevé la question des tarifs de remboursement lorsqu'elle a rencontré John Gerretsen, ministre ontarien délégué aux Affaires des personnes âgées. L'Ontario sert de ligne de démarcation financière et géographique entre l'Est et l'Ouest. Le remboursement pour l'hospitalisation d'urgence à l'étranger s'élève à 400 $ par jour pour les soins hospitaliers, mais quand on sait que le budget de l'Ontario mentionne que le coût moyen d'un séjour d'une nuit dans un hôpital ontarien est de 851 $, l'insuffisance du remboursement de 400 $ saute aux yeux. C'est pourquoi le plan d'action de 10 ans sur la santé et la réaffirmation des principes fondamentaux de la Loi canadienne sur la santé sont si importants. Les provinces comme l'Ontario ne pourront plus crier famine après l'injection fédérale de 41 milliards de dollars dans les coffres provinciaux. Les électeurs jugeront de la façon dont l'Ontario emploiera le financement fédéral accru. Ces électeurs sont constitués d'une importante majorité de personnes qui voyagent et les décisions qui seront prises auront des conséquences particulièrement importantes pour les retraités voyageurs comme vous et moi. L'ACS continuera de rappeler aux provinces et aux territoires leur engagement au chapitre du principe fondamental de la transférabilité. La Loi canadienne sur la santé reconnaît à tous les Canadiens le droit de recevoir un remboursement juste et équitable de leurs dépenses pour les soins médicaux d'urgence qu'ils reçoivent à l'étranger. |
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