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commentaires sur le rapport de la Commission Romanow sur les soins de santé au Canada par Robert Daniel
Relevant directement du premier ministre, la Commission Romanow a accompli la tâche écrasante d'étudier les défis à long terme que nous devrons relever pour assurer la viabilité du régime d'assurance-maladie financé par le gouvernement canadien. Dès le début, il est apparu clairement que M. Romanow, ancien premier ministre N.P.D. de la Saskatchewan, lieu de naissance du régime d'assurance-maladie, ne ferait aucune recommandation qui serait radicalement contre le statut quo établi ou qui suggèrerait tout genre de renonciation à notre engagement envers un système financé par l'État qui limite rigoureusement la participation du secteur privé. Cela ne veut pas dire que le rapport final de M. Romanow ne contient pas de recommandations importantes qu'il serait légitime de prendre en considération, mais cela pourrait nous rappeler la vieille blague qui dit qu'un consultant est quelqu'un qui emprunte votre montre pour vous dire l'heure. Le rapport final de la Commission contient 47 recommandations qui semblent ancrées dans une campagne passionnée dont l'objet est de convaincre les Canadiens que leur régime d'assurance-maladie financé par les fonds publics continuera à prospérer aussi longtemps que nous verserons plus d'argent, que nous donnerons plus de pouvoir à l'administration fédérale d'en contrôler notre utilisation et que nous choisirons nos domaines de croissance avec précaution. Voici certains des points saillants du rapport :
Parmi les autres recommandations dignes d'être mentionnées on trouve :
Ces recommandations tentent d'apporter une solution aux nombreux défis que doit relever notre système de santé. Elles mettent en place une approche ambitieuse visant à faire avancer d'importantes questions. Pour cela, toutefois, le ralliement du gouvernement et des citoyens sera crucial. Malheureusement, il apparaît rapidement que la direction suggérée par Romanow ne convaincra pas entièrement et que les citoyens vont bientôt s'interroger sur les lacunes des résultats de la Commission. Bien que les domaines d'application des nouveaux investissements soient très bien choisis, il n'est pas clair comment la Commission a pu laisser dans l'ombre d'autres points importants du système comme les soins aux malades chroniques, les soins de longue durée en établissement et les soins de santé mentale. Il semble que plus on dépasse les slogans, plus il est facile de critiquer les recommandations de Romanow, de leur trouver des faiblesses et de les expliquer. Tout d'abord, les déclarations visionnaires et les bons sentiments qui imprègnent la page 256 du rapport ne feront pas grand-chose pour la santé des gens ni pour réduire les longues périodes d'attente ou pour accroître les options de mieux-être. Romanow a travaillé très fort pour protéger la fierté nationale à l'égard du système de santé, mais il fait peu pour reconnaître que le système pourrait ne pas être à la hauteur de nos espérances. Bien que le Canada ait une des plus solides économies du G-7, dernièrement, l'Organisation mondiale de la Santé a classé notre système de santé derrière 30 pays. La Commission perpétue un faux sentiment de sécurité sur la force de notre système.
De plus, les citoyens acceptent de moins en moins que les gouvernements dépensent à tort et à travers sans penser à l'impact sur les futures générations. Dans une économie globale, contrôler les déficits n'est plus un luxe mais une priorité. Malgré ces problèmes bien documentés, Romanow semble balayer l'idée que le système pourrait ne pas être viable dans sa forme actuelle en nous disant qu'il s'agit simplement de faire des choix et de mettre en uvre des mesures d'imputabilité plus sévères. Plusieurs y voient une attitude naïve et curieusement protectrice du statut quo. D'autres trouvent dérangeante la suggestion de continuer à limiter leurs options de soins pour ne pas perturber les idéologies. La suggestion que le gouvernement fédéral trouvera des milliards de dollars pour de nouveaux financements dans un surplus limité cumulé ces dernières années manque dangereusement de vision. Elle ignore complètement les autres pressions, notamment celles de l'éducation, des programmes sociaux, de l'environnement, de la recherche et du développement, de restauration des forces armées et du remboursement de la dette, pour n'en nommer que quelques-unes. De plus, il n'y a aucune garantie qu'une nouvelle injection d'argent apportera un quelconque changement tangible dans les services de santé. Au vu de la demande croissante de soins de santé ces cinq dernières années, les augmentations proposées par M. Romanow apparaîtront bientôt extrêmement sous-estimées. Elles n'égratigneront même pas la surface d'un système qui dépense actuellement 100 milliards de dollars par an et qui laisse les coûts s'élever sans cesse. Les nouveaux financements sont trop facilement avalés par les monstrueuses dépenses publiques et digérés avant même qu'on s'en rende compte par la hausse des salaires, l'administration et la mauvaise gestion. Elles font également peu pour rallier les gens ou leur redonner confiance. Quelques heures après la publication du rapport, les critiques annonçaient déjà que les gouvernements provinciaux trouveraient les augmentations proposées insuffisantes et qu'il leur faudrait trop longtemps pour améliorer les services. M. Romanow semble avoir raté une occasion unique d'insérer de véritables innovations dans la gestion de notre système de santé. La quantité de commentaires recueillie dans le public et l'énergie et l'argent investis dans ce projet aurait sûrement pu produire des recommandations plus imaginatives qui auraient donné plus d'économies et une plus grande viabilité. On en trouve un exemple dans la lettre ouverte écrite à Roy Romanow par Ellen White, présidente de l'Association canadienne des Snowbirds. Elle disait simplement que lorsque les « snowbirds » partent passer l'hiver au sud, ils réduisent considérablement le fardeau qui pèse sur le système de santé, et suggérait que cette activité qui est une promotion de la santé justifie donc une meilleure législation qui faciliterait cette « migration » des aînés canadiens. Bien sûr, ce n'est pas la seule suggestion, ce n'est qu'un exemple dans un océan d'innovations rentables, imaginatives et pratiques qui semblent avoir été ignorées dans le rapport de la Commission. Il faut comprendre que promouvoir la santé et le mieux-être va beaucoup plus loin que de conseiller un peu d'exercice. Les recommandations faites par Roy Romanow, ancien premier ministre N.P.D., sont surtout une recette pour dépenser de nouveaux financements et créer de nouveaux organismes gouvernementaux à Ottawa qui surveilleront leur utilisation. On demande aux Canadiens de croire qu'il faut créer un nouveau Conseil de la santé du Canada qui aura les compétences et la capacité de produire des résultats que Santé Canada, les ministères de la santé provinciaux et tous les organismes qui s'y rattachent n'ont pu obtenir jusqu'à présent. Il est également évident que les provinces comme le Québec et l'Alberta s'opposeront à ce que le financement fédéral dépende d'un nouvel organisme d'Ottawa, mais elles ne seront pas les seules. Il est clairement stipulé dans la Constitution que la santé est de la responsabilité des provinces et les Canadiens se méfient de plus en plus des solutions qui proposent de créer plus de bureaucratie gouvernementale et de paperasserie. Les documents qui donnent des lignes directrices comme le rapport final de la Commission Romanow sont souvent remplis de grandes déclarations derrière lesquelles se rassemblent politiciens et idéologues. Malgré ça, on peut toujours espérer trouver de véritables solutions entre les lignes. Les Canadiens de tout le pays attendaient impatiemment un rapport final de la Commission qui aurait la force et le courage d'offrir des solutions capables d'instaurer de véritables changements et de redonner à tous confiance dans le système de santé national. Certains diront que c'est très loin de ce qu'ils ont reçu. Pour utiliser une analogie médicale, M. Romanow a fait le bon diagnostic mais n'a donné que peu d'ordonnances pratiques. Les critiques qui sont faites ici ne sont qu'un pâle reflet de l'étude minutieuse que le rapport devra endurer dans les prochains mois. Ce qui est certain, c'est que la confiance nationale ne naîtra pas de discours et de rapports, mais seulement d'une série d'expériences nouvelles et améliorées quand les personnes et leurs familles pourront dépendre d'un système qui leur offrira tout ce qu'il a promis. Seule la rumeur collective sur les mesures prises dans les années à venir décideront du succès de ce rapport, les débats n'y changeront rien. |
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