Background Image
Table of Contents Table of Contents
Previous Page  11 / 24 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 11 / 24 Next Page
Page Background

À la recherche du magnifique

quetzal

Nous étions arrivés depuis quelques minutes seulement

que nous avions déjà aperçu quatre espèces de

resplendissants colibris violets, émeraude et bleu cobalt

faisant du sur-place autour des mangeoires. Si quelque

170 espèces d’oiseaux habitent la vallée, tout visiteur n’en

a toutefois que pour le magnifique quetzal, l’oiseau sacré

des Mayas et des Aztèques. De la taille d’un pigeon, le

mâle arbore deux plumes à la queue qui font le double

de la longueur de son corps. Sa poitrine écarlate accentue

son plumage vert éclatant.

Le lendemain à la première heure, nous sommes partis

sur le sentier Quebrada à la recherche du quetzal, guidés

par Marino Chacón. Plusieurs ornithologues amateurs

nous avaient précédés, équipés de télescopes sur trépied.

Les quetzals nichent dans les cavités des grands arbres,

un peu comme les pic-bois. Ces trous sont assez grands

pour dissimuler complètement le volatile, sauf pour

les pointes de l’arrière-train des mâles, qui flottent un

peu comme les frondes d’une fougère. Leurs parades

nuptiales sont ensorcelantes. « Les mâles, à une vitesse

folle, s’entrechoquent pour gagner la faveur des femelles »,

nous a expliqué Marino. Ensemble, mâles et femelles

bâtissent leur nid et couvent les deux œufs bleu pâle que

la femelle pond entre mars et juin.

Après avoir marché pendant des heures, nous sommes

rentrés à l’auberge, bredouilles : nous avions bien coché 80

des oiseaux de notre liste, mais aucune trace de quetzals.

Or le lendemain au déjeuner, Marino est arrivé en trombe,

s’écriant : « quetzal! » Interrompant notre repas, nous nous

sommes précipités à l’extérieur, et là, à quelques mètres, ce

splendide quetzal mâle qui nous laissait l’admirer pendant

quelques minutes magiques, avant de se volatiliser comme

un mirage.

Prochaine étape : la péninsule d’Osa, dans un coin reculé au sud de la côte du

Pacifique, où l’on retrouve le parc national du Corcovado et plusieurs gîtes

écologiques. Le nôtre se dressait au-dessus d’une plage déserte bordée de palmiers.

À l’extérieur de notre cabine, un lézard prenait le soleil sur un tronc d’arbre.

Un petit musée aménagé à côté de la salle à manger exposait

divers objets glanés de la jungle. Notre guide Lucia nous a

montré une étrange boule de pierre, préhistorique. « On

en trouve beaucoup au Costa Rica, nous a-t-elle expliqué.

Certaines sont aussi hautes qu’un homme. Personne ne sait à

quoi elles servaient. » En 2014, l’UNESCO a inscrit à sa Liste

du patrimoine mondial quatre endroits dans le sud du pays où

on les retrouve encore dans leur position originale.

Pendant notre randonnée sur le sentier de la forêt pluviale,

Lucia nous a fait découvrir des fleurs qui sentaient l’ail, des

feuilles tailladées par des fourmis coupeuses de feuilles et

des singes hurleurs, l’écho de leurs cris envahissant la forêt.

Soudain, nous nous sommes retrouvés devant un sangrillo

géant. Cet arbre était aussi large qu’un garage et si haut que nous

en distinguions à peine la cime, au-delà du couvert forestier.

Voyage

NOUVELLES « CSA »

|

HIVER 2015

|

11