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Assurance

J. Ross Quigley

PDG

Medipac International Inc.

La situation des snowbirds rappelle la chanson de Léo

Ferré,

Pauvre Rutebeuf

. Les snowbirds sont résilients. Qui

ne le serait pas, à devoir au fil des ans compter avec les

hauts et les bas d’une vie des deux côtés de la frontière.

Mais cette année semble différente!

Les snowbirds ne peuvent plus se contenter par exemple

de se priver de quelques ballades et sorties chic au resto

pour maintenir leur train de vie. Le dollar canadien s’est

effondré à un plancher jamais vu en 10 ans. Pour la plupart

des snowbirds, depuis janvier 2002, la remontée graduelle

du huard d’un creux de 0,63 $ avait égalé oumême surpassé

le taux d’inflation aux États-Unis. Il devenait chaque année

plus facile d’être snowbird. Même si la saison 2008-2009 fut

affectée par un bref recul du dollar à 0,80 $, généralement,

les snowbirds s’étaient habitués à un dollar à 0,95 $. Certains

futés, à l’affût des taux, pouvaient obtenir le dollar au pair,

et parfois même davantage.

Le second recul à 0,80 $ s’est entamé au début de la saison

de voyage 2014-2015, prenant bien des snowbirds par

surprise. Nous croyons que c’est un résultat direct de

la chute des prix du pétrole, qui semblent suivre une

courbe similaire à celle du dollar canadien. Alors qu’ils se

trouvaient à l’étranger, les snowbirds ont vu leur budget

rudement mis à l’épreuve! Mentionnons que la saison

2014-2015 a peut-être été la pire jamais vue en termes de

réclamations. Bien des assureurs ont perdu des millions. Le

stress causé par la situation financière difficile et la chute

du dollar aurait-il quelque chose à voir avec cette hausse

fulgurante du nombre de réclamations? Probablement.

Les snowbirds vivent avec un revenu fixe. Leur train de

vie est donc fortement chambardé. Les revenus d’intérêt et

de dividendes des placements à revenu fixe ont atteint des

creux historiques. Un CPG à 1 % d’intérêt n’aidera aucun

aîné, encore moins les snowbirds, qui en plus, sont pris

dans la tourmente du dollar canadien.

Ai-je mentionné le coût de l’assurance voyage? En 2014-

2015, tous les taux ont légèrement augmenté. La plupart des

snowbirds pouvaient s’accommoder de ces augmentations,

sauf s’ils passaient dans un groupe d’âge supérieur (c’est le

cas chaque année pour 20 % d’entre eux). Mais comme les

snowbirds, les assureurs ont eux aussi été affectés. Leurs

primes étaient établies en fonction d’un dollar à environ

0,90 $, mais lorsque les réclamations sont arrivées, ils

devaient les régler au taux de 0,80 $. Un assureur avec un

chiffre d’affaires voyage de 100 millions de dollars perd

alors de 10 à 15 millions, sinon davantage. La hausse des

tarifs de cette année a donc été drastique, et pour cause, les

assureurs voulant compenser la faiblesse du dollar. Dans

certains cas, plusieurs hausses de tarifs ont été imposées

en quelques mois seulement. Pauvres snowbirds : les coûts

d’assurance qui montent en flèche, les dépenses de location

et autres en hausse de près de 30 %, et un revenu fixe

en dollars canadiens pour essayer de contrebalancer la

nouvelle « norme ».

Les statistiques ne mentent pas. La croissance régulière

de 8 à 12 % du nombre de polices délivrées par Medipac

est stoppée. Je parle bien sûr ici du nombre de polices,

les recettes d’assurance ayant encore augmenté vu les

hausses de primes nécessaires pour compenser la vigueur

du dollar américain. Les statistiques du Conference Board

démontrent qu’entre janvier et août 2015, le nombre de

voyages avec nuitées aux États-Unis a baissé d’un million;

les snowbirds sont responsables d’une bonne partie de cette

baisse. Durant la même période, les voyages avec nuitées

en auto aux É.-U. ont diminué de 8,5 %. Aïe!

Medipac est passé d’une hausse annuelle moyenne de 10 %

du nombre de polices pour snowbirds à une baisse de 4 %

cette année, pour la saison qui s’amorce. C’est une différence

de 14 %! Notre personnel reçoit beaucoup d’appels de

clients qui veulent réduire la durée de leur voyage annuel,

et bon nombre veulent aussi augmenter leur franchise par

rapport à l’an passé, l’idée étant bien sûr d’économiser. Pour

chaque snowbird qui a augmenté la durée de son voyage,

il y en a trois qui sont forcés de faire le contraire.

Le Texas a connu la plus forte réduction de visites et de

durée des séjours, suivi de la Floride. Sans surprise, l’Arizona

connaît une hausse, et la Californie fait encore mieux. Il

s’agit en général des marchés plus haut de gamme; ils ne

semblent pas affectés par la chute du dollar, l’augmentation

des coûts d’assurance ni nos taux d’intérêt insignifiants.

Cela dit, comme je l’ai constaté au fil des ans, les snowbirds

sont résilients. Ils s’adapteront à la nouvelle « norme » et

ils garderont leur style de vie encore longtemps. Il y a bien

quelques exceptions, toutefois : les snowbirds qui ont acheté

une propriété dans le creux de vague dumarché immobilier

des É.-U. et qui sont maintenant assis sur un gain de 30

à 50 %, avant la conversion du dollar. Après conversion,

ils ont presque doublé leur mise et certains décident de

vendre. J’imagine qu’ils resteront snowbirds, mais à titre

de locataires, et qu’ils utiliseront leur nouveau magot pour

s’offrir un style de vie encore meilleur. Gâtez-vous!

Que sont les snowbirds devenus?

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www. snowbirds .org