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Depuis, la population est génétiquement isolée. Après la

constitution de la Réserve de parc national de l’île-de-

Sable, Parcs Canada commença à gérer la population

férale de chevaux en tant qu’espèce sauvage.

Les chevaux ainsi protégés, on ne peut les toucher, les

harceler ni même les soigner s’ils sont malades. Pour

empêcher qu’ils s’habituent ou s’attendent à être nourris,

Parcs Canada demande aux visiteurs de rester à au

moins 20 mètres de distance. Lors de notre visite, les

chevaux étaient nonchalants, broutant et menant leur

existence comme si nous n’existions pas. Nous les avons

parfois entendus hennir : des juments appelant leur

rejeton, un cheval seul soupirant et deux mâles se défiant

agressivement.

Bien qu’ils soient naturellement plus trapus que les races

domestiques au pedigree artificiel, les troupeaux de l’île

de Sable sont génétiquement des chevaux et non des

poneys. Leur crinière, leur queue et leur toupet battus

par le vent sont leurs traits les plus communs. Nous nous

demandions comment ils pouvaient voir à travers le

toupet qui leur recouvrait parfois les yeux.

Harems de chevaux

Notre visite avait lieu en juin, quand nombre de

chevaux perdent beaucoup de leur manteau touffu.

Ils se déplaçaient par troupeaux composés d’un mâle

dominant, de juments, de jeunes et de poulains. De 40

à 50 troupeaux se trouvent sur l’île de Sable, la plupart

comptant de 5 à 8 individus d’une même famille. Les

jeunes étalons qui n’ont pas encore de harem se déplacent

souvent en groupes de célibataires. Les femelles mettent

généralement bas d’avril à juillet. Nous avons observé

poulains et pouliches aux pattes élancées téter et suivre

leur maman.

Les chevaux cherchent toujours à se gratter le dos. Ils se

roulent dans le sable pour soulager leurs démangeaisons.

Ils se frottent aussi contre la clôture qui entoure

l’équipement météorologique d’Environnement Canada.

« Quand nous regardons la télé et que soudain, l’image

se brouille, nous savons qu’un cheval se frotte le derrière

contre l’antenne parabolique », raconte Daryll Mooney,

coordonnateur des installations de Parcs Canada lors de

notre visite.

Pour réduire leur empreinte, les deux employés de

Parcs Canada utilisent les infrastructures existantes

d’Environnement Canada. « Trois employés

d’Environnement Canada sont logés par alternance de

huit semaines. Ils sont autosuffisants (lave-vaisselle, frigo,

Wi-Fi, télé satellite et équipement de cuisson) », nous

explique Daryll. Trois génératrices au diesel produisent

de l’électricité. « Nos personnes chargées de l’entretien

sont très débrouillardes, car elles ne peuvent simplement

pas aller chercher une pièce chez Rona. » Parmi les

autres bâtiments, le laboratoire de Zoe Lucas, l’atelier de

menuiserie, des entrepôts, le bureau d’Environnement

Canada, la maison de fonction (où sont logés les

chercheurs en visite) et la maison de l’officier responsable.

« Nous recueillons des données sur le climat de l’île depuis

le XIX

e

siècle, précise Jonathan Sheppard. Nous pouvons

ainsi mieux comprendre la dynamique des courants

atmosphériques. » La météo à l’île de Sable se distingue

par sa quantité de vent et de brouillard (125 jours de

brouillard par année). Lors de notre visite, une brume

blanche enveloppait la Station principale.

Daryll ne nous laissa pas approcher les bâtiments, car des

sternes de Dougall nichaient dans la lande. « Elles vous

attaqueront si vous vous approchez trop, nous prévient-il.

Ces oiseaux protègent férocement leur nid contre les gens

ou les chevaux qui pourraient le piétiner, et aussi contre

les goélands qui voudraient dévorer les œufs. L’an dernier,

nous avons eu six couples de sternes. » (Au Canada,

où les sternes de Dougall sont sur la liste des espèces

menacées, on retrouve moins d’une douzaine de couples

reproducteurs.)

Les goélands survolaient et nous avaient à l’œil. « Le

goéland argenté adulte a un plumage blanc, le dos gris

et la pointe des ailes noire », explique Mark Mallory,

biologiste des oiseaux de mer et personne-ressource sur

la croisière. Sa présentation à bord nous a donné hâte de

trouver d’autres oiseaux, dont le goéland marin (le plus

grand goéland du monde), le fulmar boréal, le grand

labbe, le puffin, la sterne arctique ainsi que le bruant

d’Ipswich, seule espèce endémique. Mark afficha une liste

d’oiseaux pour que les passagers y indiquent les espèces

aperçues. À notre retour à la maison, Adventure Canada

nous a fait parvenir la liste.

Quand l’ornithologue à bord Sarah Wong nous a

accompagnés lors d’une randonnée, elle nous a prévenus

que le goéland argenté nichait dans les creux entre les

dunes. Nous avons aperçu près de nos pieds un œuf de

goéland éclos à la coquille rousse tachetée de brun, gris et

noir.

Photographie à distance

de chevaux sauvages

Daryll Mooney,

coordonnateur par

alternance des

opérations de Parcs

Canada

Bâtiments d’Environnement Canada et de Parcs Canada à la Station principale

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www. snowbirds .org

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