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Nous avons remarqué des couleurs semblables sur le

pelage des phoques gris qui, vus de notre Zodiac, avaient

l’air de rochers jonchant le long de la plage nord. Quand

plus tard nous avons traversé la plage sud, nous en

avons vu regroupés par les vagues et balayés par le vent

incessant.

La plus importante colonie de

phoques gris du monde

L’île de Sable accueille des dizaines de milliers de phoques

gris. Leur nombre varie selon la saison et l’année. Lors de

notre visite, ils étaient joueurs. Jonathan nous pria de les

approcher en silence et de garder une bonne distance. « Il

ne faut pas les alerter. S’ils sont effrayés, ils vont sauter à

la mer. »

Nous avons observé les phoques se prélassant sur le sable

tapissé de coquillages charriés par les vagues. Soudain,

une queue surgit, puis une tête. Le phoque regarda autour

de lui, se gratta le ventre de sa nageoire et s’affaissa à

nouveau sur le dos pour roupiller. Leurs grognements,

gémissements, beuglements et soupirs étaient souvent

étouffés par les vagues déferlantes.

Sur l’île de Sable, les passagers de la croisière ont rencontré

Don Bowen, spécialiste des phoques gris à l’Institut

d’océanographie de Bedford à Dartmouth (Nouvelle-

Écosse). Les mini-caméras et autres instruments qu’il

utilisait pour suivre les phoques piquaient notre curiosité.

Il nous a montré une carte des routes qu’ils suivent

pour se nourrir et un émetteur satellite qu’il attache aux

phoques.

Nous avons été surpris de trouver des carcasses de

phoques et de chevaux dans le sable. « Si vous retournez

quelques années plus tard à l’endroit où vous avez vu

une carcasse, vous remarquerez une végétation touffue.

Les carcasses se fondent au cycle de vie de l’île, explique

Jonathan. Les goélands s’en nourrissent, et les restes se

décomposent pour se transformer en nutriments. »

Les étangs d’eau douce, situés dans le tiers ouest de l’île,

ont aussi leur cycle de vie, comme une autre randonnée

nous a permis de le constater. L’eau douce y flotte

au-dessus de l’eau salée, plus dense. Nous y avons observé

un caneton qui se promenait entre les nénuphars jaunes.

Les nombreuses traces de sabots indiquent que les

chevaux viennent s’y abreuver.

Les tempêtes inondent d’eau de mer certains étangs.

Des amas de sable en comblent d’autres, ce qui crée des

tourbières à canneberges. « Il y a longtemps, l’île exportait

beaucoup de canneberges, note Jonathan. Les familles

des gardiens de phare et le personnel de sauvetage les

récoltaient, chargeant annuellement jusqu’à 400 barils

sur les navires de ravitaillement vides. Destination : la

Nouvelle-Écosse, où les baies sauvages étaient vendues à

fort prix. »

Les canneberges de l’île ne sont plus récoltées. « Les

goélands les mangent comme du popcorn », raconte

Des passagers en Zodiac observent des phoques gris sur la plage nord

Phoques gris sur la plage nord

Œuf de goéland éclos

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